Chapitre 1

“Elle dansait comme une déesse sur ma bite”.
Voilà les premiers mots qui devaient être écrit, que l’on distingue rapidement la nuance et la direction prise dans cette masse de mot. Je le dis comme un leitmotiv, une sorte de prière, pour que mes mots soient plus dur, plus vrai, plus forts. Je disais ces mots, pour en rajouter, pour être un tantinet vulgaire et trash, pour faire rire Julien, l’homme aux poils qui habitat avec moi pendant un an, dans notre appartement.
Un 80 mètres carré avec terrasse, l’endroit parfait pour les enfants que nous étions. Jouant des mots et des images, on faisait de nos journées de longue lutte contre l’histoire de l’art et contre le temps, luttant à coup de pinceau et de phrases. Bien sur rien n’était féminin, pourtant tout l’était, nos envie, nos pensées, nos images. Mais le désordre naissant chaque matin, ne convenait certes pas au regard d’une femme. Chaque matin des bonjours qui en disait long sur l’amour qui nous liaient moi et julien, sorte de cellule où nous étions maintenant frères, plus frère encore que le frère de sang que j’avais. Avec lui j’aurais pu faire se pacte qui consiste à se couper la paume de la main et de se serrer dans une poignée de main symbolique et critique. Mais le sida étant, nous n’eûmes jamais le courage de le faire. Pour lier cette amitié, nous nous embrassions parfois, souvent lors de soirée, enfin liés physiquement par quelque chose, la salive. Il ne fût jamais question de sexe entre nous, aimant trop les femmes pour se faire enculer par son propre ami. Non, on resta dans cette relation platonique qui nous allait parfaitement. Un jour pour quelques idées artistiques légères, nous passâmes quarante-huit heures dans une pièce de 9 mètres carré. Buvant et fumant comme jamais pour arriver, le plus rapidement à cet état de créativité constant. Chaque minute, un dessin, un mot, facile, léger. On oublia le temps, ne pensant qu’à nous et aux images qu’on devait jeter sur ces feuilles A4. Julien et moi, on était fait l’un pour l’autre. Aucun de nous n’était plus beau ou plus intelligent. C’est la première fois que je ne sentais pas de rivalité bêtement masculine, à qui embrassera le plus de filles, qui a littéralement la plus grosse. Je sentais que Julien était mon homologue, le jumeau que je n’aurais jamais. Il me comprenait, savait tous de moi sans que je ne dise rien. Il le savait parce qu’il était moi, avant moi, dans une vie autre, sa vie à lui était la mienne. Bien sûr sa vie était différente, il avait certes beaucoup plus souffert que je n’avais pleuré, mais ses douleurs symbolisaient les miennes.
Il avait par contre une manie, dure à digérer, il chiait la porte ouverte. Nos toilettes donnaient directement sur la cuisine, un vrai plaisir d’odeur. Et Julien était soi-disant trop grand pour fermé la porte, ses jambes dépassait, et c’est ainsi qu’il se consumait sur le plastique blanc de la cuvette, et je devais passer devant le matin pour boire mon café. Dure réveil pendant un an. Nous passâmes des journées à sérigraphier des centaines d’images, à poser de l’encre sur l’écran verre, et tirer, pour qu’apparaisse l’image, l’image grandiose, l’image qu’on attendait, qu’on avait fabriqué sur l’ordinateur mais dont on ne savait pas l’impact. Imaginez-vous devant l’impact et les sentiments que cette image nous provoquait, devant ces mélanges visuels que produit l’œil. On travaillait à l’école, d’ailleurs c’est là qu’on s’est rencontré avec Julien. Il est arrivé de nulle part, de Bourges, et j’ai senti en regardant une photo qui était accrochée au dessus de son bureau, qu’on allait bien s’entendre. C’était le cul de sa copine, il y avait aussi une photo d’un rat mort sous une serviette, le tout en noir et blanc. Ce cul, qui était un leitmotiv pour moi, était pour lui une image. C’est ce cul qui m’a réuni à lui. Julien se cassant les dents en sautant dans le petit bassin de la piscine, Julien et les rôtis poulets qu’on faisait avec nos amis le dimanche, Julien et le Poppers qui pique le nez si t’en prends trop. Julien, Julien, Julien….

2 réponses à “Chapitre 1”

  1. galopin dit :

    cela me semble a priori tout a fait vrai et juste. je vous envie mais c’est trop tard, je ne pourrais jamais egaler votre niveau de complicité. j’aurais pourtant tellement aimé voir julien chier le matin, ou te rouler des pelles le soir, bourré a la vodka.
    je me sens seul maintenant.

  2. Paula dit :

    beau texte j’aime bcp beco man paulin paula pauli pocket

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